« Ensemble vers Dieu :
L’aimer, le faire aimer, nous aimer les uns les autres, car Il nous aime »
Frères et sœurs,
En cette rentrée, beaucoup de choses vont recommencer : les groupes, les services, les rencontres, les activités…
Et c’est très bien.
Mais ce matin, je voudrais commencer par une question toute simple :
Pourquoi ?
Pourquoi faisons-nous tout cela ?
Pourquoi prier ? Pourquoi nous former ? Pourquoi accueillir ? Pourquoi servir ? Pourquoi aller vers ceux qui sont loin de l’Église ?
Parce qu’on peut finir par faire beaucoup de choses dans une paroisse… sans plus savoir très clairement pourquoi on les fait.
C’est pourquoi, avec l’EAP et le conseil pastoral, nous avons voulu prendre le temps de nous arrêter et de nous demander :
Qu’est-ce qui nous fait vivre ici comme communauté chrétienne ?
Qui sommes-nous et que voulons-nous devenir ?
Depuis plusieurs années, une expression nous accompagne : « Ensemble vers Dieu ».
Nous avons voulu la déployer dans une phrase que vous avez sous les yeux :
« Ensemble vers Dieu :
L’aimer, le faire aimer, nous aimer les uns les autres, car Il nous aime. »
Je voudrais simplement m’arrêter avec vous sur cette phrase avant de regarder concrètement le verso.
- La vision pastorale : « Ensemble vers Dieu :
L’aimer, le faire aimer, nous aimer les uns les autres, car Il nous aime. »
Le plus important est peut-être à la fin : « Car Il nous aime. »
Parce que tout commence là.
Avant que nous pensions à Dieu, Dieu a pensé à nous.
Avant que nous cherchions à l’aimer, il nous a aimés.
Avant même que nous sachions prier, avant que nous venions à la messe, avant que nous ayons fait quoi que ce soit pour lui, nous étions déjà aimés de Dieu.
Nous ne sommes pas chrétiens pour gagner l’amour de Dieu.
Nous sommes chrétiens parce que nous avons découvert que nous sommes aimés.
Et ensuite, toute notre vie chrétienne consiste à répondre à cet amour. C’est ce qui est au centre.
- Et d’abord : « L’aimer. »
C’est la prière.
Prier, ce n’est pas simplement « faire ses prières ». C’est entrer dans une relation avec Celui qui nous aime. Prendre du temps avec lui. Écouter sa Parole. Recevoir les sacrements. Lui confier notre vie. Revenir à lui lorsque nous nous sommes éloignés.
La prière, c’est répondre à l’amour de Dieu par notre amour.
Mais lorsque nous découvrons vraiment que nous sommes aimés, cet amour ne peut pas rester enfermé en nous.
Quand quelque chose nous rend profondément heureux, nous avons envie de le partager.
Quand nous découvrons le Christ, nous désirons que d’autres puissent le découvrir.
- Alors vient la deuxième expression : « Le faire aimer. »
C’est le témoignage.
Notre paroisse ne peut pas être tournée uniquement vers ceux qui sont déjà là.
Nous ne sommes pas une paroisse pour nous-mêmes.
Nous sommes une communauté de disciples envoyée vers le monde que Dieu aime.
Autour de nous, il y a des personnes qui ne connaissent plus Jésus, qui se sont éloignées, qui ont été blessées, qui cherchent sans savoir où chercher, qui sont seules.
Et Dieu les aime. Il les aime autant qu’il nous aime.
Notre mission est donc d’aller vers elles.
- Et cela nous conduit naturellement à la troisième expression :
« Nous aimer les uns les autres. »
Saint Paul nous dit aujourd’hui :
« N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel. »
L’amour entre nous est le lieu de vérification de notre amour véritable de Dieu.
Saint Jean le dira très clairement : celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne peut pas prétendre aimer Dieu qu’il ne voit pas.
Et l’amour entre nous est aussi la condition de la mission
Parce que Jésus nous dit :
« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples. »
Comment annoncer un Dieu qui est amour si nous sommes divisés, indifférents ou jaloux les uns des autres ?
À l’inverse, lorsqu’une personne entre dans une communauté et découvre des chrétiens qui s’accueillent, se portent, se pardonnent, prennent soin les uns des autres…
Alors elle peut commencer à se dire :
« Peut-être que le Dieu dont ils parlent existe vraiment. »
L’amour de Dieu reçu nous transforme aussi dans notre manière de vivre avec les autres.
L’Évangile d’aujourd’hui nous le montre de manière très concrète. Jésus nous parle de la correction fraternelle :
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui parler seul à seul. »
Et surtout :
« Si ton frère t’écoute, tu as gagné ton frère. »
Remarquons le vocabulaire de Jésus.
Il ne dit pas : « tu as gagné la discussion ».
Il ne dit pas : « tu as prouvé que tu avais raison ».
Il dit : « Tu as gagné ton frère. »
Voilà le but.
Dans la vie chrétienne, nous ne cherchons pas à gagner contre l’autre. Nous cherchons à gagner l’autre.
Cela demande parfois d’avoir le courage de parler à celui qui nous a fait du mal plutôt que de parler de lui à quelqu’un d’autre.
De demander pardon. De pardonner. De supporter les différences.
De nous réjouir du bien que fait quelqu’un d’autre, même si ce n’est pas nous qui le faisons.
La fraternité chrétienne n’est pas simplement le fait de bien s’entendre avec ceux qui nous ressemblent.
C’est apprendre à aimer réellement ceux que Dieu a placés sur notre chemin.
Voilà le cœur de notre vision :
Ensemble vers Dieu :
l’aimer,
le faire aimer,
nous aimer les uns les autres,
car Il nous aime.
Mais cette vision doit devenir concrète.
C’est ce que nous avons voulu exprimer dans les cinq essentiels que vous trouvez au verso.
- Cinq essentiels pour vivre cette vision
- La vie fraternelle
« Notre paroisse est une maison ouverte à tous, où chacun peut être accueilli comme un frère ou une sœur, et trouver sa place. »
Nous ne voulons pas être un club de personnes qui se connaissent déjà.
Nous voulons être une maison ouverte.
Une maison où l’on peut entrer tel que l’on est.
Où l’on est accueilli, reconnu, aimé.
Saint Paul nous dit : « Vous êtes membres de la famille de Dieu. »
Voilà notre vocation : que chacun puisse trouver ici une famille.
- La prière
« Ensemble, nous puisons à la source de l’Amour de Dieu dans la prière et les sacrements. »
Une communauté peut être dynamique, organisée, généreuse.
Mais si elle ne prie plus, elle se dessèche.
Nous ne pouvons pas donner ce que nous ne recevons pas.
La prière et les sacrements ne sont donc pas une activité parmi d’autres.
Ils sont la source.
- La croissance spirituelle
« Cet Amour nous fait grandir et marcher ensemble comme disciples de Jésus. »
Être chrétien, ce n’est pas simplement avoir été baptisé ou venir à la messe.
C’est devenir progressivement davantage semblable au Christ.
Apprendre à aimer comme lui, pardonner comme lui, servir comme lui, regarder le monde comme lui.
Voilà pourquoi nous avons besoin de formation, de conversion en travaillant la parole de Dieu, en nous laissant enseigner et transformer par elle.
- Le service
« Comme Lui, nous nous mettons par Amour au service les uns des autres, en commençant par les plus fragiles. »
Jésus n’a pas seulement parlé de l’amour.
Il s’est mis à genoux pour laver les pieds de ses disciples.
L’amour chrétien devient service.
Celui qui est seul. Malade. En deuil. Dans la précarité. Isolé. Âgé.
Cette année, nous voulons particulièrement mettre en lumière cette dimension : le service des plus fragiles et des plus pauvres.
Nous voulons mieux montrer ce qui existe déjà dans notre communauté et permettre à chacun d’entre nous de vivre cette dimension essentielle de la vie chrétienne à sa mesure.
Et nous aimerions notamment vivre ensemble un pèlerinage paroissial à Lourdes au mois d’avril, avec le diocèse, en permettant à nos frères et sœurs âgés, malades, isolés ou en situation de précarité de venir avec nous. Ce pèlerinage à Lourdes c’est une très belle expérience. Le pape y va, pourquoi pas nous ?
Nous en reparlerons.
- Le témoignage
« Son Esprit nous envoie partager avec tous, en paroles et en actes, la joie d’être aimés de Dieu. »
C’est le témoignage en paroles et en actes.
Nous avons besoin des deux.
Parler de Jésus, annoncer l’Évangile.
Mais aussi écouter, accueillir, servir, prendre soin de ceux à qui nous l’annonçons.
La parole sans l’amour risque de devenir un discours.
L’amour sans la parole risque de tourner les gens vers nous et non vers Dieu.
Faire aimer Dieu, c’est laisser passer quelque chose de son amour à travers nos paroles et nos actes.
- Une seule boussole
Alors vous voyez comment tout se tient.
La prière nous aide à aimer Dieu.
Le témoignage en paroles et en actes nous permet de le faire aimer.
La vie fraternelle et le service c’est concrètement nous aimer les uns les autres.
Et la croissance spirituelle nous fait grandir dans tout cela.
Cinq essentiels, mais une seule vision.
Et cette vision peut devenir notre boussole.
Alors lorsque nous réfléchirons à une activité, à un service, à un projet, à un groupe dans la paroisse, nous pourrons nous demander :
Est-ce que cela nous aide à aimer Dieu ?
À le faire aimer ?
À nous aimer les uns les autres ?
Mais surtout, chacun peut se poser la question personnellement.
Cette année, comment vais-je davantage aimer Dieu ?
Peut-être en retrouvant un vrai temps quotidien de prière.
Comment vais-je davantage le faire aimer ?
Peut-être en osant témoigner de ma foi, en parole et en acte.
Comment vais-je davantage aimer mes frères et sœurs ?
Peut-être en rejoignant un groupe, en servant, en allant vers quelqu’un que je connais peu… ou vers quelqu’un avec qui je suis en tension.
Voilà frères et sœurs, recevez le cadeau de ce jour, notre vision qui tient en quelques mots simples mais qui disent tout :
Dieu nous aime.
Alors nous voulons l’aimer.
Et parce que nous l’aimons, nous voulons le faire aimer.
Et pour cela, nous voulons nous aimer les uns les autres.
Voilà ce que nous sommes.
Et voilà ce que nous voulons devenir davantage.
Je vous propose maintenant de vous tourner vers votre voisin et de partager simplement :
Qu’est-ce qui, dans cette vision, me touche ou m’interpelle particulièrement ?
Et :
Dans quel essentiel ai-je envie d’avancer cette année ?
Prenons ce temps pour que cette vision ne soit pas seulement celle de notre paroisse, mais qu’elle puisse devenir notre manière personnelle de suivre Jésus.
Et demandons au Seigneur cette grâce :
Seigneur, fais que ces mots ne restent pas seulement des mots.
Qu’ils deviennent notre manière de vivre. Qu’ils deviennent peu à peu le visage de notre paroisse. Et qu’à travers nous, ceux qui nous rencontrent puissent découvrir quelque chose de ton amour.
Amen.
Père Nathanaël, curé
Homélie – 23e dimanche du Temps ordinaire – Année A
Dimanche de rentrée du groupement

