Dimanche de la Miséricorde Divine

A l’occasion de la canonisation de sainte Faustine Kowalska, le 30 avril 2000, le pape saint Jean-Paul II fit du deuxième dimanche de Pâques le dimanche de la Miséricorde Divine. Cette institution répond à une demande insistante de Jésus à sainte Faustine, qu’elle relate à plusieurs reprises dans son Petit Journal. « La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde. »

Cette nouvelle fête n’ajoute rien à la liturgie de ce jour. Ce sont les mêmes prières et les mêmes lectures. Elle insiste sur la tonalité miséricordieuse de ce jour. Déjà, la prière d’ouverture commence par invoquer la Divine Miséricorde. De même, l’évangile raconte la double apparition de Jésus au Cénacle, avec l’apparition à saint Thomas. Jésus ressuscité se fait reconnaître par ses plaies glorieuses, et fait des apôtres les ministres de sa miséricorde. « Recevez l’Esprit Saint : à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez, ils seront maintenus ». Le Christ ressuscité révèle toute la miséricorde de Dieu, plus forte que la mort et plus forte que le péché.

Dans le contexte géopolitique troublé que nous connaissons, le message de sainte Faustine Kowalska continue d’avoir une profonde actualité. Ses visions mystiques et sa vie de religieuse sont un chemin de confiance radicale dans la Divine Miséricorde, au cœur de l’obscurité. Ce message de confiance est donné au moment où le nazisme émerge. Elle a ses premiers appels spirituels l’année de la fondation du parti nazi, en 1920. Elle fait sa profession perpétuelle l’année de l’ouverture du premier camp de concentration, en 1933. Auschwitz est à moins de 100 kilomètres de son couvent. Elle décède près d’un an avant l’invasion de la Pologne, prévenant d’une terrible guerre. Alors que des atrocités commençaient, Dieu donnait une invitation profonde à la confiance en Lui. Lorsque nous ne comprenons pas ce que Dieu fait, dans notre vie ou dans le monde, gardons confiance. « Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. ».

Père Aubert

Édito du dimanche des Rameaux

Si Grand !

Tu es si grand, Jésus, assis sur un ânon, Toi, le Fils de David acclamé par la foule qui jonche ton chemin de manteaux et de palmes et reconnaît en Toi son Seigneur et son Roi.

Tu es si grand, Jésus, par ton renoncement, l’offrande de ta vie au jardin d’agonie, quand ton âme traverse une première mort, que ton corps est couvert d’une sueur de sang.

Tu es si grand, Jésus, en ton abaissement, quand sous les cris de haine de tes accusateurs, Tu gardes le silence et pardonnes en ton cœur à ceux qui te condamnent, aux bourreaux, aux moqueurs.

Tu es si grand, Jésus, quand Tu regardes Pierre qui vient de Te renier, quand Tu portes ta croix jusqu’au lieu du Calvaire, quand Tu cries vers le Père, la nuit de l’abandon, à l’heure de ta mort.

Apprends-nous à veiller, apprends-nous à prier quand vient la tentation de cesser le combat, apprends-nous à pleurer quand nous T’avons renié, à reconnaître en Toi, comme le centurion, le Fils du Dieu vivant, crucifié pour le monde.

Apprends-nous le courage, le discret témoignage des saintes femmes qui jusqu’au bout T’ont suivi.

 

Alain, diacre.

Édito du 5ème dimanche de carême

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

« Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation »

Nous voyons bien là, frères et sœurs bien aimés ce qui sépare la Foi de la religion.

La gloire de Dieu se voit avec notre âme elle resplendit d’une certitude de corps et d’Esprit comme une évidence comme Jean au tombeau :

« Il vit et il crut. »

Malheureusement il n’en est pas de même pour les Juifs religieux de cette époque sûrs de leurs pouvoirs ils ne voient que le danger de perdre leur autorité.

Marie et Marthe sont elles, dans la Foi, elles ont construit leur espérance dans les prophètes et surtout en reconnaissant Jésus comme celui qu’elles attendaient.

« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Aujourd’hui, encore, notre monde pense se passer de Dieu qui semble bien loin de nos réalités, plus financières que spirituelles, nous pouvons craindre une désunion entre la réalité de la Foi fraternelle que Jésus annonce pour notre éternité avec des « certitudes » purement terrestres qui enrichissent notre porte-monnaie au détriment de la spiritualité d’amour du prochain où se situe notre vraie richesse.

En cet fin de carême et en cette actualité bouleversante nous devons plus que jamais mettre notre espérance dans la certitude de la résurrection,

Voyons et regardons celui qui nous sauve il est le vrai vainqueur :

Et comme Marthe et Marie disons :

« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Amen

Denis, diacre

« Je suis la lumière du monde » (Jean 9, 1-41)

En 1942, pendant la guerre, Jacques Lebreton est gravement blessé : il perd à la fois ses mains et ses yeux. Il sombre alors dans la douleur et désespère de tout et de Dieu… Puis, au fil des années, il va retrouver la vraie Joie ! Il en a laissé un témoignage lumineux. [Extraits de « Celui qui croyait à ses yeux et à ses mains »]

« Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des yeux… Il te faut des yeux pour voir les belles choses que j’ai faites pour toi… » Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des mains, il te faut des mains pour prendre, pour travailler, pour donner… »  Quand je suis né, j’avais des yeux, des mains, et j’ai vu que Dieu était bon, vraiment bon de nous avoir donné tout cela…

Et je suis parti à la guerre. Et Dieu est venu ; et il a pris mes mains, et mes yeux. Il est parti comme un voleur… Oui Dieu a fait cela… Je n’ai pas cru que Dieu était capable de cela… Et ma douleur a explosé dans une formidable colère… Alors j’ai demandé à Dieu : « Pourquoi m’avez-vous pris mes mains et mes yeux ? » Et Dieu m’a dit : « Les hommes, je les ai créés pour le bonheur ! Tes mains, tes yeux, je te les avais prêtés… Tu n’étais pas capable de faire de si belles mains, c’est moi qui les ai faites pour te les prêter… » Et j’ai compris que je n’étais rien, non, rien, même pas un petit tas de poussière… Cette poussière elle-même, c’est Dieu qui me l’a prêtée…

Dieu est revenu me voir souvent, et il m’a longuement expliqué le péché des hommes qui avait perturbé la création… Alors j’ai pensé que Dieu était infiniment bon, que Dieu ne pouvait pas être autrement que Bon ! Alors j’ai tourné mes orbites béantes vers Dieu, et j’ai vu Dieu ! Et j’ai donné ma joie à Dieu, et Dieu m’a donné Sa Paix ! Puis j’ai vu que Dieu était triste, de mes yeux aveugles et de mes mains arrachées… Alors je me suis rappelé ses clous, les épines, les fouets, les bourreaux, les moqueries… Ma souffrance était peu de chose auprès de la Sienne… Et j’ai vu combien Dieu aimait tous les hommes.

Alors j’ai communié à Dieu, et Dieu est venu en moi. J’ai tout donné à Dieu, et Dieu m’a Tout donné, et ce Tout de Dieu a débordé en moi ! Alors, je me suis ébloui de la Lumière de Dieu… »

Étienne, diacre

L’Association « Education-Haïti », loi 1901, a été créée en 2018 par sa Présidente-fondatrice, Brigitte Lancien-Despert, professeur-chercheur-didacticienne à  l’ICP (Catho de Paris).

Son origine :

  • En 2013 pour répondre à la demande d’anciens étudiants haïtiens (prêtres) repartis en Haïti en 2007, Brigitte Lancien-Despert a aidé à la création d’une université des Sciences de l’Education à Jacmel (à 70 Kms de Port-au-Prince).
  • Un premier voyage en 2013 lui a permis d’enseigner et de mettre sur pied avec son ancien étudiant, le père Sauveur CONTENT, un programme d’enseignement fidèle aux contenus des cathos de Paris, Lille et Angers en l’adaptant à la réalité haïtienne.
  • En 2014, l’université Notre-Dame d’Haïti (déjà existante) accueillait le nouveau département des Sciences de l’éducation pour une rentrée avec 19 étudiants en vue d’une licence en 4 ans (une année de remise à niveau + trois ans de licence). Aujourd’hui (2025), l’université compte 162 étudiants et est reconnue sur le plan international.
  • Tous les ans, jusqu’en 2020, la présidente faisait des sessions en Haïti pour enseigner et retravailler sur les programmes, les projets, les objectifs. Aujourd’hui, ces voyages ne sont plus possibles en raison de la situation politique et sociale du pays gangréné par les gangs.
  • En 2018, la nécessité de créer une association s’est imposée afin de répondre aux conditions de la Catho de Paris pour accepter un partenariat avec Haïti.

Ses objectifs :

Ils sont de deux ordres :

La venue d’une étudiante haïtienne pour des études en France.

  • Lors des différents voyages de la Présidente, une étudiante (major de la promotion), s’est distinguée par la qualité de son travail, sa détermination à aider son pays, sa volonté à changer l’éducation. Il a donc été décidé avec Monseigneur CONTENT (devenu Vicaire Général en Haïti) de la faire venir en France pour poursuivre ses études.
  • Florence LAFALAISE est arrivée en septembre 2018 : cette jeune fille est issue d’un bidonville, son papa est décédé, sa maman qui les a élevés seule Florence et son frère, est analphabète et ne parle que le créole.
  • Aujourd’hui, Florence, étudiante à la Catho de Paris, possède son Master 1 (2019), son Master 2 (2020) et un DU de gestion des conflits. Elle s’apprête à soutenir sa thèse de Doctorat en Sciences de l’Education à Noël 2025 tout en enseignant à la Catho de Paris, sur les campus de Reims, Tours et Rouen.
  • L’Association a assuré ces 7 années de formation, son logement, ses besoins pécuniaires, ses études, ses transports, son matériel, sa nourriture à raison de 10 à 12 000 euros par an grâce à des actions multiples : conférences, concerts, vente de livres.

❷ L’aide à l’éducation en Haïti

▶ La situation en Haïti s’est considérablement dégradée et l’éducation a besoin, plus que jamais, d’aides. Les étudiants ne mangent pas toujours à leur faim et doivent souvent arrêter leurs études en cours d’année par manque d’argent.

▶ L’Association cherche à soutenir les élèves en incapacité de payer la fin de leurs études et les écoles qui, à Jacmel notamment, servent de lieux de stage aux étudiants. Actuellement, elle ne peut prendre en charge Florence et l’aide aux établissement même si, à ce jour, Florence pourvoit à une bonne partie de ses dépenses.

▶ Beaucoup d’enseignants en Haïti ne sont pas régulièrement payés, ce qui les oblige à prendre un autre travail en plus au détriment de la régularité et de la qualité de leur enseignement.

▶ Les enseignants ont besoin d’une vraie formation pour modifier leurs pratiques encore basées sur la répétition et la coercition.

L’Association est intimement persuadée que la formation, l’éducation, l’enseignement sont des facteurs essentiels au redressement du pays.

Ses besoins :

  • La crise du covid a stoppé toutes les actions et l’Association est aujourd’hui exsangue, ne parvenant pas à retrouver l’apport nécessaire à ses objectifs. Elle a un besoin urgent d’apports neufs. Elle vit actuellement sur les 350 € mensuels des amis fidèles qui se sont mensualisés et sur les quelques apports ponctuels des uns et des autres. Elle ne peut plus faire face aux besoins.
  • La présidente est persuadée que les actions ponctuelles, ciblées, adressées à des personnes de confiance, honnêtes et sûres en Haïti sont, dans le contexte actuel, plus profitables que les grandes ambitions intenables.
  • Malheureusement l’aide est essentiellement pécuniaire afin de soutenir le travail en Haïti et maintenir une vie acceptable. Les apports matériels seraient interceptés.

La loi et la grâce

« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Il arrive parfois qu’une lecture trop rapide de la Bible conduise à opposer le Dieu de l’Ancien Testament au Dieu du Nouveau Testament. Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus bat en brèche une telle idée en assumant la Loi de Moïse.

Il y a dans la Bible une pédagogie divine qui vient préparer l’homme à accueillir pleinement le don que Dieu veut lui faire de Lui-même. Cette pédagogie est aussi celle de notre vie morale. La première étape, c’est la Loi, en particulier les dix commandements. Si vivre droitement est une musique, la Loi est l’apprentissage des gammes. Ce sont des préalables indispensables, mais pas très amusant par eux-mêmes. La deuxième étape, c’est la surabondance, en particulier ce que Jésus propose dans le sermon sur la montagne. « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » Pour reprendre, l’image de la musique, ce moment est celui-ci de l’apprentissage des premiers morceaux. Il y a de la joie à maîtriser la musique. Là où il y avait besoin de se forcer pour faire la gamme, nous devenons capables de jouer pour le plaisir. C’est à cette surabondance que Jésus nous invite. Ne plus seulement obéir à la Loi par peur servile, mais par amour du Père. La troisième étape, enfin, est celle de la vie dans l’Esprit Saint. C’est alors que nous devenons « adultes dans la foi », comme le dit saint Paul. « Vous n’êtes plus sous la loi, mais sous la grâce ». Non pas que la Loi soit supprimée, mais elle est parfaitement accomplie. C’est la maturité d’un artiste qui déploie son génie personnel. La Loi, comme les gammes, ne sont pas niées, mais parfaitement intégrée pour une œuvre harmonieuse. C’est la loi nouvelle que le Christ veut graver dans nos cœurs. Saint Thomas d’Aquin déclare ainsi que « la Loi nouvelle consiste principalement dans la grâce du Saint Esprit donnée aux fidèles du Christ ». Que le Seigneur nous donne de toujours progresser dans la vie morale à sa suite.

Père Aubert