Une année de grâce… et un immense merci !

Alors que l’été s’ouvre devant nous, il est bon de nous arrêter un instant. Dans la Bible, le peuple d’Israël prend régulièrement le temps de relire son histoire pour reconnaître la fidélité de Dieu. C’est ce que je vous propose de faire aujourd’hui : rendre grâce.

Oui, merci Seigneur !

Merci pour cette année si riche, où nous avons vu notre groupement paroissial continuer à grandir. Non pas seulement en nombre ou en activités, mais dans ce qui fait le cœur d’une paroisse : des hommes et des femmes qui rencontrent le Christ, apprennent à le suivre et deviennent peu à peu ses témoins.

L’année jubilaire 2025 nous a offert une grâce exceptionnelle : notre pèlerinage paroissial à Rome en octobre dernier. Nous étions plus de 130 paroissiens, de tous âges, à répondre à l’invitation de l’Église pour devenir des « pèlerins d’espérance ». Ces quelques jours de marche, de prière, de fraternité resteront, j’en suis convaincu, comme un moment fondateur pour beaucoup d’entre nous. Nous ne sommes pas revenus seulement avec de beaux souvenirs, mais avec un cœur renouvelé et un désir plus profond de marcher ensemble à la suite du Christ.

Je rends grâce pour nos assemblées dominicales, toujours nombreuses et ferventes, où tant de personnes découvrent un accueil chaleureux, une liturgie priante et la joie de célébrer ensemble, en frères et sœurs, le Seigneur. Je rends grâce pour le catéchisme, l’aumônerie, les parcours de préparation aux sacrements, les petits groupes, l’école de la foi avec les nombreux catéchumènes et confirmants qui sont arrivés encore cette année, l’école des disciples missionnaires, l’école des responsables pastoraux, les différents groupes de prière et de partage, les repas fraternels,… Tous ces lieux où la foi grandit, où des liens se tissent et où chacun peut avancer à son rythme.

Je rends grâce également pour le chemin parcouru dans notre vie de prière. Cette année, nous nous étions donnés comme priorité d’aider chacun à grandir dans une relation plus personnelle avec le Seigneur. Les prédications du temps de l’Avent vous ont stimulés. L’école d’oraison proposée pendant le Carême a porté de nombreux fruits : environ deux cents personnes s’y sont engagées. Plus beau encore, une cinquantaine d’entre elles continuent aujourd’hui à se retrouver en petites fraternités pour s’encourager mutuellement dans cette fidélité à la prière quotidienne. Voilà sans doute l’un des plus beaux fruits de cette année. Car une paroisse ne se renouvelle pas d’abord par les projets qu’elle mène, mais par des disciples qui prennent chaque jour du temps pour écouter le Seigneur et se laisser transformer par Lui.

Je rends grâce aussi pour notre élan missionnaire. La Course des 4 Clochers, qui a rassemblé près de 500 coureurs grâce à l’engagement de 150 bénévoles, la Ladies Night, l’Échappées Belles, les après-midi famille, les différentes bénédictions proposées tout au long de l’année, le banquet du parvis qui aura lieu ce weekend, etc. Autant d’occasions de rejoindre ceux qui sont loin de l’Église et de leur dire, parfois très simplement, que le Christ les attend. Notre désir est bien celui-là : être une Église qui sort, qui invite et qui accueille.

Cette mission passe aussi par la charité vécue au quotidien. Une foi qui ne se traduit pas en actes risque de rester une belle idée. Je rends grâce pour tout ce qui se vit dans notre groupement paroissial au service des plus fragiles : les œuvres du Secours Catholique, l’accueil de personnes réfugiées, les visites des prisonniers, des personnes âgées ou malades, l’accompagnement dans les EHPAD, les nombreuses initiatives discrètes de solidarité… Elles rappellent que l’annonce de l’Évangile ne passe pas seulement par des paroles, mais aussi par des mains qui relèvent, des oreilles qui écoutent et des cœurs qui se rendent disponibles. À travers tous ces engagements, c’est le Christ lui-même qui continue de se faire proche des plus petits.

Je rends grâce aussi pour notre fraternité sacerdotale. Le Seigneur prend soin de notre groupement paroissial à travers les prêtres qu’il nous donne. Cette année est marquée par un passage de relais. Nous disons un immense merci au père François pour tout ce qu’il a semé parmi nous, avec générosité, simplicité et humour. Que le Seigneur le bénisse abondamment dans la nouvelle mission qui lui sera confiée à Bruxelles dans sa chère patrie. Je me réjouis d’accueillir le père Roger, qui viendra rejoindre notre équipe pastorale à la rentrée. Nous lui souhaitons déjà la bienvenue et l’assurons de notre prière afin qu’il trouve ici une communauté fraternelle où il pourra déployer les dons que le Seigneur lui a confiés. Et je suis heureux que le père Aubert, devenu le plus ancien, poursuive son ministère parmi nous. Avec lui, nous continuerons à servir ensemble cette belle mission que le Christ nous confie. Merci pour la communion qui nous unit, prêtres, diacres et tous les fidèles : c’est ensemble que nous formons le Corps du Christ et que nous annonçons son Évangile.

Enfin, je voudrais surtout dire un immense merci à tous ceux parmi vous qui donnent de leur temps et mettent leurs talents au service de la paroisse. Vous êtes plusieurs centaines à servir, souvent dans la discrétion… Une paroisse vivante n’est jamais l’œuvre des prêtres et diacres seuls ; elle est le fruit de l’Esprit Saint à travers la générosité de tout un peuple. Merci !

Bien sûr, le chemin continue. Avec le Conseil pastoral renouvelé cette année et l’Équipe d’animation paroissiale, nous discernons les appels du Seigneur pour les années à venir. Je vous en parlerai à la rentrée.

Pendant l’été, beaucoup partiront en vacances, d’autres resteront chez eux. Pour tous, je forme une prière : que ce soit un temps de repos, bien sûr, mais aussi un temps pour retrouver le Seigneur. Il nous attend dans la beauté de la création, dans le silence, dans sa Parole, dans l’Eucharistie célébrée ici ou sur nos lieux de vacances.

Bel été à chacun de vous ! Que le Seigneur vous bénisse, veille sur vos familles et renouvelle en nous tous la joie d’être ses disciples et ses témoins.

Père Nathanaël, curé

 

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi »

Un peu dure à entendre cette parole de Jésus. Perdre sa vie pour la garder, aimer Jésus plus que ses parents, conjoints, enfants…

Mais cet appel à nous oublier nous-mêmes pour nous tourner vers les autres, comme voie de bonheur, nous le connaissons bien. Une sorte de décentrage, qui nous pousse à décider d’aimer malgré nos propres faiblesses, blessures, souffrances.

C’est le sens aussi de cette belle phrase de Mère Térésa « Seigneur si je suis triste, donne-moi quelqu’un à consoler ».

Mais où trouver cette force, quand parfois on est tout simplement écrasé, voire révolté contre Jésus précisément à cause de nos épreuves ?

Dans la prière humble, celle des enfants qui même s’ils ne comprennent pas tout, se tournent vers Dieu avec une confiance totale. C’est bien de cela dont nous avons tous besoin, une confiance sereine et belle, même au cœur de nos difficultés.

Reprenons ensemble ce chemin de la confiance avec Saint Claude la Colombière : « Je suis si persuadé, mon Dieu, que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, je suis si persuadé qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend tout de vous, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes.

Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir, je puis même perdre votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher ».

                                                                     Laurent, diacre.

Aller et rester

L’Évangile dit que Jésus « en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle » (Mc 3, 14) deux choses : pour qu’ils restent avec Lui et les envoyer prêcher. Il y a un aspect qui semble contradictoire : Il les invite pour être avec Lui et pour qu’ils aillent prêcher. On dirait : soit l’un, soit l’autre, soit rester, soit aller. Pourtant non : pour Jésus, on ne peut aller sans rester et inversement on ne peut rester sans aller. Ce n’est pas facile à comprendre, mais c’est ainsi. Cherchons de comprendre un peu quel est le sens dans lequel Jésus exprime ces choses.

Tout d’abord, on ne peut aller sans rester : avant d’envoyer les disciples en mission, le Christ – dit l’Évangile – « les appelle à lui » (cf. Mt 10,1). L’annonce naît de la rencontre avec le Seigneur ; toute activité chrétienne, et surtout la mission, part de là. On n’apprend pas dans une académie : non ! Cela commence par la rencontre avec le Seigneur. Témoigner de Lui, en effet, signifie Le rayonner ; mais, si nous ne recevons pas Sa lumière, nous serons éteints ; si nous ne Le fréquentons pas, nous porterons nous-même au lieu de Lui – je me porte moi-même et non Lui -, et cela sera totalement vain. Donc, peut porter l’Évangile de Jésus la personne qui reste avec Lui. Celui qui ne reste pas avec Lui ne peut pas porter l’Evangile. Il apportera des idées, mais pas l’Évangile. De même, cependant, on ne peut rester sans aller. En effet, suivre le Christ n’est pas un acte intimiste : sans annonce, sans service, sans mission, la relation avec Jésus ne croît pas. Notons que dans l’Évangile, le Seigneur envoie les disciples avant d’avoir achevé leur préparation : peu après les avoir appelés, il les envoie déjà ! Cela signifie que l’expérience de la mission fait partie de la formation chrétienne. Rappelons alors ces deux moments constitutifs pour tout disciple : rester avec Jésus et aller, envoyés par Jésus.

Pape François – audience du 15 février 2023

COMMUNION

 

L’église est silencieuse, et déjà le jour baisse.

Ils sont quelques fidèles priant dans la pénombre,

Ils ont les yeux tournés vers l’ostensoir d’or

Et l’hostie consacrée, sa discrète blancheur.

Sur l’autel qu’éclairent trois petits lumignons,

Le Fils du Dieu vivant nous offre sa Présence.

 

La foule du dimanche rassemblée dans la joie,

S’avance lentement aux accents d’un cantique

Pour recevoir le pain devenu Corps du Christ,

Accueillir son amour et proclamer l’Amen.

Communiant dans la foi, le peuple des Chrétiens

S’unit à son Seigneur, et par Lui à son Père.

 

Partout, sur notre terre, du Levant au Couchant,

Quelle que soit l’heure du jour, même au cœur de la nuit,

Un prêtre, de ses mains lève le Pain de Vie,

Le Pain qui fortifie les âmes des disciples,

Et le calice empli du Sang de Jésus Christ,

Le Sang qui purifie les âmes des pécheurs.

 

Quand l’heure sera venue de l’ultime rencontre,

Le Viatique nourrira l’espérance du mourant.

Marie, par sa tendresse, adoucira sa fin.

L’Esprit consolateur volera à son aide.

Alors il verra Dieu, Beauté incomparable

Et unira sa voix au chœur mélodieux

Des Anges et des Saints.

 

Alain, diacre.

Édito de la fête de la Sainte Trinité

Mystère.
Mystère de Dieu unique en trois personnes.
Mystère de Dieu créateur, tout puissant, mystère de Dieu Père
« Je suis » dit-il à Moïse
Mystère de Dieu engendrant son fils venu pour nous sauver.
Fils de Dieu et Dieu lui-même, sans qui, nous humains pécheurs, ne pouvons être les enfants du Père si nous ne nous reconnaissons pas les frères et sœurs de Jésus.
« Je suis, le chemin la vérité et la vie »
Dieu Père, Dieu Fils
Dieu unique que seul l’Esprit d’amour nous donne la compréhension de l’appeler « Abba », Père.
Alors, notre amour, dans ce mystère de Dieu Père, fils et Esprit
S’éclaire d’un unique créateur trinitaire que nous ne pouvons dissocier sans en perdre la compréhension Divine.
Dans ce mystère et pour ne pas se perdre, suivons celui qui nous rappelle son identité en laissant le Saint Esprit nous dire :
« Je suis » « Le Chemin, la vérité et la vie »
Amen

Denis, diacre

Viens Esprit Créateur

La Pentecôte nous rappelle chaque année l’importance de l’Esprit Saint dans notre vie chrétienne. Pour entrer dans le mystère de cette fête, il est bon de se rappeler son origine. Nous savons qu’elle correspond pour nous au don de l’Esprit Saint aux premiers disciples. A l’invitation du Christ, ils priaient pour obtenir la promesse du Père, ce qui se réalise le jour de la Pentecôte. « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu » (Ac 2,1). C’est donc que la fête de la Pentecôte préexiste au don de l’Esprit Saint. Que fêtaient alors les Juifs ?

La Pentecôte est la cinquantaine après Pâques. C’était d’abord une fête agricole, la fête de la Moisson, où l’on offrait les prémices de ce que la terre a produit. Les premiers fruits sont la promesse d’une abondance plus grande. Pareillement, l’effusion de l’Esprit Saint sur les disciples est une double promesse. La joie et l’amour dont ils sont comblés sont la promesse d’une vie en plénitude auprès de Dieu. Le don de parler en d’autres langues est la promesse que l’évangile atteindra toutes les cultures. L’Esprit Saint est le don qui annonce un don toujours plus grand.

De fête agricole, la Pentecôte est devenue fête de l’alliance. Cinquante jours après la Pâque, c’est cinquante jours après la traversée de la mer. Les Juifs fêtent l’alliance de Dieu avec le peuple, au mont Sinaï, avec le don de la Loi. L’effusion de l’Esprit Saint est la réalisation de la prophétie de Jérémie. « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle (…) Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors, je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » (Jr 31,31.33). C’est bien ce que fait l’Esprit Saint. Il répand en nos cœurs l’amour de Dieu. Par Lui, nous nous découvrons aimés de Lui et nous avons la force d’aimer comme Lui. L’Esprit Saint est le Défenseur qui fait de nous des fils de Dieu.

La Pentecôte n’est pas une fin. C’est un début. Que l’Esprit Saint nous envahisse toujours davantage, pour que nous goûtions la joie sans fin de la vie éternelle.

Père Aubert

« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi (…) il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent. » (Jn 17, 1b-11a)

Saint Jean nous transmet ici une magnifique prière de Jésus, une prière qu’il place juste avant la Passion de Jésus. C’est une méditation infiniment profonde, imprégnée d’une joie lumineuse qui chante la gloire du Père et du Fils.
Mais nous nous interrogeons : où est-elle, la gloire du Père et du Fils, au moment où son Fils va être trahi, crucifié, et conduit à la mort ?

La gloire du Père, elle vient de la fécondité divine de son Fils, qui rayonne de toute sa vie. Jésus nous fait connaître Dieu : il témoigne du dessein de Dieu, il manifeste la puissance agissante de son Père ; et par amour pour nous, Jésus accepte de se laisse conduire à la mort, et la mort sur la croix. Et le Père le ressuscite. Et par la résurrection de son Fils, il nous ouvre, nous aussi, à la vie éternelle.
Ainsi, en nous faisant connaître Dieu, le Christ nous ouvre à la vie éternelle. Là est la gloire du Père, indissociable de la gloire du Fils : nous donner la vie éternelle.

Oh mon Dieu, dans notre monde d’aujourd’hui, dans ma famille, mon travail, dans le monde tel qu’il est… aide-moi à porter du fruit, aide-moi à faire connaître Dieu… Et que Dieu en soit glorifié.

Étienne, diacre

« Notre cœur n’était-il pas brûlant quand il était avec nous ? »

Il nous est peu naturel de reconnaître les signes que Dieu nous donne sur le chemin de notre vie. De fait, je me demande si une fois en face de Jésus ce dernier ne vas pas me dire « esprit sans intelligence, comme ton cœur est lent à croire ! ». Sur nos chemins de vie pourtant, Dieu est présent et à l’œuvre, mais il est vrai la plupart du temps par « petites touches ».

Saint François de Sales priait souvent en disant « Seigneur je quête ta grâce sous par sous », pour mieux traduire ce fait que Dieu ne se donne que dans le présent, et que chaque jour il faut à nouveau le chercher, « sous par sous », comme un ami à la fois absent à nos yeux mais bien présent dans notre cœur.

Profitons de ce temps Pascal pour mieux le « re » connaître et laisser nos cœurs brûler en sa présence. N’est-il pas évident que si les disciples d’Emmaüs l’ont reconnu à la fraction du pain (et puis il disparaît), c’est bien qu’il nous laisse un moyen tout simple de le fréquenter dans notre quotidien : l’adoration eucharistique. Un simple morceau de main, qui est bien la présence maximale de Jésus parmi son peuple.

Fréquentons le pour le rencontrer, ou plutôt le retrouver, en nous, notre doux ami de chaque jour.

« Ô Jésus reste avec nous, déjà le soir tombe ».

                                                                     Laurent, diacre.