COMMUNION

 

L’église est silencieuse, et déjà le jour baisse.

Ils sont quelques fidèles priant dans la pénombre,

Ils ont les yeux tournés vers l’ostensoir d’or

Et l’hostie consacrée, sa discrète blancheur.

Sur l’autel qu’éclairent trois petits lumignons,

Le Fils du Dieu vivant nous offre sa Présence.

 

La foule du dimanche rassemblée dans la joie,

S’avance lentement aux accents d’un cantique

Pour recevoir le pain devenu Corps du Christ,

Accueillir son amour et proclamer l’Amen.

Communiant dans la foi, le peuple des Chrétiens

S’unit à son Seigneur, et par Lui à son Père.

 

Partout, sur notre terre, du Levant au Couchant,

Quelle que soit l’heure du jour, même au cœur de la nuit,

Un prêtre, de ses mains lève le Pain de Vie,

Le Pain qui fortifie les âmes des disciples,

Et le calice empli du Sang de Jésus Christ,

Le Sang qui purifie les âmes des pécheurs.

 

Quand l’heure sera venue de l’ultime rencontre,

Le Viatique nourrira l’espérance du mourant.

Marie, par sa tendresse, adoucira sa fin.

L’Esprit consolateur volera à son aide.

Alors il verra Dieu, Beauté incomparable

Et unira sa voix au chœur mélodieux

Des Anges et des Saints.

 

Alain, diacre.

Édito de la fête de la Sainte Trinité

Mystère.
Mystère de Dieu unique en trois personnes.
Mystère de Dieu créateur, tout puissant, mystère de Dieu Père
« Je suis » dit-il à Moïse
Mystère de Dieu engendrant son fils venu pour nous sauver.
Fils de Dieu et Dieu lui-même, sans qui, nous humains pécheurs, ne pouvons être les enfants du Père si nous ne nous reconnaissons pas les frères et sœurs de Jésus.
« Je suis, le chemin la vérité et la vie »
Dieu Père, Dieu Fils
Dieu unique que seul l’Esprit d’amour nous donne la compréhension de l’appeler « Abba », Père.
Alors, notre amour, dans ce mystère de Dieu Père, fils et Esprit
S’éclaire d’un unique créateur trinitaire que nous ne pouvons dissocier sans en perdre la compréhension Divine.
Dans ce mystère et pour ne pas se perdre, suivons celui qui nous rappelle son identité en laissant le Saint Esprit nous dire :
« Je suis » « Le Chemin, la vérité et la vie »
Amen

Denis, diacre

Viens Esprit Créateur

La Pentecôte nous rappelle chaque année l’importance de l’Esprit Saint dans notre vie chrétienne. Pour entrer dans le mystère de cette fête, il est bon de se rappeler son origine. Nous savons qu’elle correspond pour nous au don de l’Esprit Saint aux premiers disciples. A l’invitation du Christ, ils priaient pour obtenir la promesse du Père, ce qui se réalise le jour de la Pentecôte. « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu » (Ac 2,1). C’est donc que la fête de la Pentecôte préexiste au don de l’Esprit Saint. Que fêtaient alors les Juifs ?

La Pentecôte est la cinquantaine après Pâques. C’était d’abord une fête agricole, la fête de la Moisson, où l’on offrait les prémices de ce que la terre a produit. Les premiers fruits sont la promesse d’une abondance plus grande. Pareillement, l’effusion de l’Esprit Saint sur les disciples est une double promesse. La joie et l’amour dont ils sont comblés sont la promesse d’une vie en plénitude auprès de Dieu. Le don de parler en d’autres langues est la promesse que l’évangile atteindra toutes les cultures. L’Esprit Saint est le don qui annonce un don toujours plus grand.

De fête agricole, la Pentecôte est devenue fête de l’alliance. Cinquante jours après la Pâque, c’est cinquante jours après la traversée de la mer. Les Juifs fêtent l’alliance de Dieu avec le peuple, au mont Sinaï, avec le don de la Loi. L’effusion de l’Esprit Saint est la réalisation de la prophétie de Jérémie. « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle (…) Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors, je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » (Jr 31,31.33). C’est bien ce que fait l’Esprit Saint. Il répand en nos cœurs l’amour de Dieu. Par Lui, nous nous découvrons aimés de Lui et nous avons la force d’aimer comme Lui. L’Esprit Saint est le Défenseur qui fait de nous des fils de Dieu.

La Pentecôte n’est pas une fin. C’est un début. Que l’Esprit Saint nous envahisse toujours davantage, pour que nous goûtions la joie sans fin de la vie éternelle.

Père Aubert

« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi (…) il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent. » (Jn 17, 1b-11a)

Saint Jean nous transmet ici une magnifique prière de Jésus, une prière qu’il place juste avant la Passion de Jésus. C’est une méditation infiniment profonde, imprégnée d’une joie lumineuse qui chante la gloire du Père et du Fils.
Mais nous nous interrogeons : où est-elle, la gloire du Père et du Fils, au moment où son Fils va être trahi, crucifié, et conduit à la mort ?

La gloire du Père, elle vient de la fécondité divine de son Fils, qui rayonne de toute sa vie. Jésus nous fait connaître Dieu : il témoigne du dessein de Dieu, il manifeste la puissance agissante de son Père ; et par amour pour nous, Jésus accepte de se laisse conduire à la mort, et la mort sur la croix. Et le Père le ressuscite. Et par la résurrection de son Fils, il nous ouvre, nous aussi, à la vie éternelle.
Ainsi, en nous faisant connaître Dieu, le Christ nous ouvre à la vie éternelle. Là est la gloire du Père, indissociable de la gloire du Fils : nous donner la vie éternelle.

Oh mon Dieu, dans notre monde d’aujourd’hui, dans ma famille, mon travail, dans le monde tel qu’il est… aide-moi à porter du fruit, aide-moi à faire connaître Dieu… Et que Dieu en soit glorifié.

Étienne, diacre

« Notre cœur n’était-il pas brûlant quand il était avec nous ? »

Il nous est peu naturel de reconnaître les signes que Dieu nous donne sur le chemin de notre vie. De fait, je me demande si une fois en face de Jésus ce dernier ne vas pas me dire « esprit sans intelligence, comme ton cœur est lent à croire ! ». Sur nos chemins de vie pourtant, Dieu est présent et à l’œuvre, mais il est vrai la plupart du temps par « petites touches ».

Saint François de Sales priait souvent en disant « Seigneur je quête ta grâce sous par sous », pour mieux traduire ce fait que Dieu ne se donne que dans le présent, et que chaque jour il faut à nouveau le chercher, « sous par sous », comme un ami à la fois absent à nos yeux mais bien présent dans notre cœur.

Profitons de ce temps Pascal pour mieux le « re » connaître et laisser nos cœurs brûler en sa présence. N’est-il pas évident que si les disciples d’Emmaüs l’ont reconnu à la fraction du pain (et puis il disparaît), c’est bien qu’il nous laisse un moyen tout simple de le fréquenter dans notre quotidien : l’adoration eucharistique. Un simple morceau de main, qui est bien la présence maximale de Jésus parmi son peuple.

Fréquentons le pour le rencontrer, ou plutôt le retrouver, en nous, notre doux ami de chaque jour.

« Ô Jésus reste avec nous, déjà le soir tombe ».

                                                                     Laurent, diacre.

Dimanche de la Miséricorde Divine

A l’occasion de la canonisation de sainte Faustine Kowalska, le 30 avril 2000, le pape saint Jean-Paul II fit du deuxième dimanche de Pâques le dimanche de la Miséricorde Divine. Cette institution répond à une demande insistante de Jésus à sainte Faustine, qu’elle relate à plusieurs reprises dans son Petit Journal. « La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde. »

Cette nouvelle fête n’ajoute rien à la liturgie de ce jour. Ce sont les mêmes prières et les mêmes lectures. Elle insiste sur la tonalité miséricordieuse de ce jour. Déjà, la prière d’ouverture commence par invoquer la Divine Miséricorde. De même, l’évangile raconte la double apparition de Jésus au Cénacle, avec l’apparition à saint Thomas. Jésus ressuscité se fait reconnaître par ses plaies glorieuses, et fait des apôtres les ministres de sa miséricorde. « Recevez l’Esprit Saint : à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez, ils seront maintenus ». Le Christ ressuscité révèle toute la miséricorde de Dieu, plus forte que la mort et plus forte que le péché.

Dans le contexte géopolitique troublé que nous connaissons, le message de sainte Faustine Kowalska continue d’avoir une profonde actualité. Ses visions mystiques et sa vie de religieuse sont un chemin de confiance radicale dans la Divine Miséricorde, au cœur de l’obscurité. Ce message de confiance est donné au moment où le nazisme émerge. Elle a ses premiers appels spirituels l’année de la fondation du parti nazi, en 1920. Elle fait sa profession perpétuelle l’année de l’ouverture du premier camp de concentration, en 1933. Auschwitz est à moins de 100 kilomètres de son couvent. Elle décède près d’un an avant l’invasion de la Pologne, prévenant d’une terrible guerre. Alors que des atrocités commençaient, Dieu donnait une invitation profonde à la confiance en Lui. Lorsque nous ne comprenons pas ce que Dieu fait, dans notre vie ou dans le monde, gardons confiance. « Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde. ».

Père Aubert

Édito du dimanche des Rameaux

Si Grand !

Tu es si grand, Jésus, assis sur un ânon, Toi, le Fils de David acclamé par la foule qui jonche ton chemin de manteaux et de palmes et reconnaît en Toi son Seigneur et son Roi.

Tu es si grand, Jésus, par ton renoncement, l’offrande de ta vie au jardin d’agonie, quand ton âme traverse une première mort, que ton corps est couvert d’une sueur de sang.

Tu es si grand, Jésus, en ton abaissement, quand sous les cris de haine de tes accusateurs, Tu gardes le silence et pardonnes en ton cœur à ceux qui te condamnent, aux bourreaux, aux moqueurs.

Tu es si grand, Jésus, quand Tu regardes Pierre qui vient de Te renier, quand Tu portes ta croix jusqu’au lieu du Calvaire, quand Tu cries vers le Père, la nuit de l’abandon, à l’heure de ta mort.

Apprends-nous à veiller, apprends-nous à prier quand vient la tentation de cesser le combat, apprends-nous à pleurer quand nous T’avons renié, à reconnaître en Toi, comme le centurion, le Fils du Dieu vivant, crucifié pour le monde.

Apprends-nous le courage, le discret témoignage des saintes femmes qui jusqu’au bout T’ont suivi.

 

Alain, diacre.

Édito du 5ème dimanche de carême

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

« Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation »

Nous voyons bien là, frères et sœurs bien aimés ce qui sépare la Foi de la religion.

La gloire de Dieu se voit avec notre âme elle resplendit d’une certitude de corps et d’Esprit comme une évidence comme Jean au tombeau :

« Il vit et il crut. »

Malheureusement il n’en est pas de même pour les Juifs religieux de cette époque sûrs de leurs pouvoirs ils ne voient que le danger de perdre leur autorité.

Marie et Marthe sont elles, dans la Foi, elles ont construit leur espérance dans les prophètes et surtout en reconnaissant Jésus comme celui qu’elles attendaient.

« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Aujourd’hui, encore, notre monde pense se passer de Dieu qui semble bien loin de nos réalités, plus financières que spirituelles, nous pouvons craindre une désunion entre la réalité de la Foi fraternelle que Jésus annonce pour notre éternité avec des « certitudes » purement terrestres qui enrichissent notre porte-monnaie au détriment de la spiritualité d’amour du prochain où se situe notre vraie richesse.

En cet fin de carême et en cette actualité bouleversante nous devons plus que jamais mettre notre espérance dans la certitude de la résurrection,

Voyons et regardons celui qui nous sauve il est le vrai vainqueur :

Et comme Marthe et Marie disons :

« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Amen

Denis, diacre

« Je suis la lumière du monde » (Jean 9, 1-41)

En 1942, pendant la guerre, Jacques Lebreton est gravement blessé : il perd à la fois ses mains et ses yeux. Il sombre alors dans la douleur et désespère de tout et de Dieu… Puis, au fil des années, il va retrouver la vraie Joie ! Il en a laissé un témoignage lumineux. [Extraits de « Celui qui croyait à ses yeux et à ses mains »]

« Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des yeux… Il te faut des yeux pour voir les belles choses que j’ai faites pour toi… » Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des mains, il te faut des mains pour prendre, pour travailler, pour donner… »  Quand je suis né, j’avais des yeux, des mains, et j’ai vu que Dieu était bon, vraiment bon de nous avoir donné tout cela…

Et je suis parti à la guerre. Et Dieu est venu ; et il a pris mes mains, et mes yeux. Il est parti comme un voleur… Oui Dieu a fait cela… Je n’ai pas cru que Dieu était capable de cela… Et ma douleur a explosé dans une formidable colère… Alors j’ai demandé à Dieu : « Pourquoi m’avez-vous pris mes mains et mes yeux ? » Et Dieu m’a dit : « Les hommes, je les ai créés pour le bonheur ! Tes mains, tes yeux, je te les avais prêtés… Tu n’étais pas capable de faire de si belles mains, c’est moi qui les ai faites pour te les prêter… » Et j’ai compris que je n’étais rien, non, rien, même pas un petit tas de poussière… Cette poussière elle-même, c’est Dieu qui me l’a prêtée…

Dieu est revenu me voir souvent, et il m’a longuement expliqué le péché des hommes qui avait perturbé la création… Alors j’ai pensé que Dieu était infiniment bon, que Dieu ne pouvait pas être autrement que Bon ! Alors j’ai tourné mes orbites béantes vers Dieu, et j’ai vu Dieu ! Et j’ai donné ma joie à Dieu, et Dieu m’a donné Sa Paix ! Puis j’ai vu que Dieu était triste, de mes yeux aveugles et de mes mains arrachées… Alors je me suis rappelé ses clous, les épines, les fouets, les bourreaux, les moqueries… Ma souffrance était peu de chose auprès de la Sienne… Et j’ai vu combien Dieu aimait tous les hommes.

Alors j’ai communié à Dieu, et Dieu est venu en moi. J’ai tout donné à Dieu, et Dieu m’a Tout donné, et ce Tout de Dieu a débordé en moi ! Alors, je me suis ébloui de la Lumière de Dieu… »

Étienne, diacre