« (…) je vous appelle mes amis (…). » (Jn 15, 15)

J’avais cette phrase en tête ces jours-ci, parce que la liturgie nous donne à réécouter ces chapitres de l’évangile de Jean.

Ces mots sont dingues, non ? Si Dieu ne nous l’avait pas dit lui-même, comment pourrions prétendre à être ami de Dieu ? En effet, l’amitié suppose une forme d’égalité ; A quelle égalité pourrions prétendre avec Dieu ?

De fait, à aucune, si Dieu lui-même ne s’était pas fait notre égal : c’est le mystère de l’incarnation. En devenant homme, vraiment homme, le Fils de Dieu devient l’un de nous, et nous redit que ce que Dieu attend de nous ce n’est pas un respect distant, mais une relation d’amitié. Et je trouve cela bouleversant.

C’est cette amitié que Dieu cherche à (r)établir depuis qu’il nous a créés, qu’il n’a cessé de proposer. C’est ce que nous redit encore autrement la 4e prière eucharistique : « Comme il avait perdu ton amitié par sa désobéissance, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés, par les prophètes, dans l’espérance du salut. »

Ainsi évangéliser, ce n’est pas chercher à convaincre ou à forcer à croire, mais à proposer une amitié. Et comment faire cela sans proposer la nôtre ?

Alors, chers amis, je vous laisse cette question : comment vais-je permettre à Dieu d’être un peu plus mon ami ? comment vais-je lui permettre d’être un peu plus proche de moi, pour qu’à mon tour je puisse me faire proche de celui qui en aura besoin ?

A bientôt,

Père François