« Je suis la lumière du monde » (Jean 9, 1-41)
En 1942, pendant la guerre, Jacques Lebreton est gravement blessé : il perd à la fois ses mains et ses yeux. Il sombre alors dans la douleur et désespère de tout et de Dieu… Puis, au fil des années, il va retrouver la vraie Joie ! Il en a laissé un témoignage lumineux. [Extraits de « Celui qui croyait à ses yeux et à ses mains »]
« Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des yeux… Il te faut des yeux pour voir les belles choses que j’ai faites pour toi… » Quand je suis né, Dieu a dit : « Il te faut des mains, il te faut des mains pour prendre, pour travailler, pour donner… » … Quand je suis né, j’avais des yeux, des mains, et j’ai vu que Dieu était bon, vraiment bon de nous avoir donné tout cela…
Et je suis parti à la guerre. Et Dieu est venu ; et il a pris mes mains, et mes yeux. Il est parti comme un voleur… Oui Dieu a fait cela… Je n’ai pas cru que Dieu était capable de cela… Et ma douleur a explosé dans une formidable colère… Alors j’ai demandé à Dieu : « Pourquoi m’avez-vous pris mes mains et mes yeux ? » Et Dieu m’a dit : « Les hommes, je les ai créés pour le bonheur ! Tes mains, tes yeux, je te les avais prêtés… Tu n’étais pas capable de faire de si belles mains, c’est moi qui les ai faites pour te les prêter… » Et j’ai compris que je n’étais rien, non, rien, même pas un petit tas de poussière… Cette poussière elle-même, c’est Dieu qui me l’a prêtée…
Dieu est revenu me voir souvent, et il m’a longuement expliqué le péché des hommes qui avait perturbé la création… Alors j’ai pensé que Dieu était infiniment bon, que Dieu ne pouvait pas être autrement que Bon ! Alors j’ai tourné mes orbites béantes vers Dieu, et j’ai vu Dieu ! Et j’ai donné ma joie à Dieu, et Dieu m’a donné Sa Paix ! Puis j’ai vu que Dieu était triste, de mes yeux aveugles et de mes mains arrachées… Alors je me suis rappelé ses clous, les épines, les fouets, les bourreaux, les moqueries… Ma souffrance était peu de chose auprès de la Sienne… Et j’ai vu combien Dieu aimait tous les hommes.
Alors j’ai communié à Dieu, et Dieu est venu en moi. J’ai tout donné à Dieu, et Dieu m’a Tout donné, et ce Tout de Dieu a débordé en moi ! Alors, je me suis ébloui de la Lumière de Dieu… »
Étienne, diacre

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