Affamés de Dieu… (Isaïe 25, 6-10a, et Matthieu 22, 1-14)
J’ai été profondément impressionné par la venue du pape : nous étions si nombreux autour de lui, à nous sentir d’une certaine manière invités par l’Église et par le Seigneur…
A la messe de samedi, j’étais place de la Concorde, et j’ai porté la communion à ceux qui étaient tout proche. Ensuite, il me restait quelques hosties. Quelqu’un, me voyant disponible, m’a suggéré d’aller un peu plus loin, où d’autres personnes demandaient à communier.
C’est en les voyant que j’ai compris ce que voulait dire « être affamé de Dieu » : tout un groupe implorait de pouvoir communier au corps de Jésus… Et saisi, j’ai commencé à leur donner la communion. Ils étaient si nombreux… A un moment, une femme me demande : « Je peux communier ? je suis musulmane, j’ai été baptisée, j’ai les deux religions… ». Je la bénis et je l’envoie dans la paix. Ils sont trop nombreux, je partage alors les hosties en deux, jusqu’à ce que la coupe se retrouve vide. Alors j’ai béni, avec foi, tous ceux qui le désiraient et qui venaient à moi, et ils clamaient « Et moi aussi… Et moi aussi… » Ils étaient là avec un grand désir de Dieu, « les bons et les mauvais » comme le dit Jésus dans la parabole de ce dimanche…
Justement, le pape venait de dire dans son homélie : « Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : « Mon âme à soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3). C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. »
Ce que j’ai vécu, c’est un peu la fin de cette parabole. Un roi est heureux de célébrer les noces de son fils. Mais déception : les invités dédaignent avec mépris son invitation… Visiblement, ces invités n’ont pas compris que ces noces étaient exceptionnelles : c’était les noces de chacun des invités avec son Fils, le Christ. Les invités sont restés sourds à cette invitation… Pourtant ce banquet de noces divines leur avait été annoncé depuis bien longtemps, par le prophète Isaïe.
Les invités ne veulent pas venir ? Tant pis pour eux : le Roi invite à la place toute une foule, une multitude affamée, « les bons et les mauvais ».
Que le Seigneur nous garde affamés de Dieu, avec en nous le grand désir de chaque jour épouser le Christ !
Étienne, diacre
