Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Cette formule de Jésus est à la base de la distinction entre le temporel et le spirituel, que la loi civile de « séparation des Églises et de l’État » du 9 décembre 1905 a traduite à sa manière en France. Comprenons bien le sens de cette distinction…

À plusieurs niveaux, l’Église et l’État jouent sur le même terrain et débattent des mêmes sujets : la vie, en sa conception et en sa fin, l’éducation, le couple, le mariage, la solidarité envers les plus démunis, la place des Églises dans la société…

Le chrétien, qui appartient aux deux institutions, peut être amené à confondre les niveaux et à les juxtaposer, en donnant selon les circonstances la priorité à l’un sur l’autre…

Bien comprendre la parole du Christ, rendre à César et à Dieu ce qui leur est dû, c’est d’abord considérer que Dieu ne se situe pas au niveau de César !

La première lecture de ce dimanche met Cyrus, roi de Perse, au service du dessein de Dieu de ramener son peuple sur sa terre. Dieu est le vrai maître de l’histoire du monde, même si cela nous semble difficilement compréhensible quand nous voyons les atrocités qui se commettent ! Mais les desseins de Dieu ne s’opèrent pas tant au niveau physique et matériel qu’au niveau du cœur et de l’âme.

La loi divine de la justice et de la charité doit toujours et partout gouverner nos actes, où que nous soyons et quoi que nous fassions… Pour le croyant, la conscience est le lieu où la Parole de Dieu se fait entendre, pour autant que nous la laissions l’éclairer.

On ne peut jamais chasser cette lumière de sa conscience sous prétexte que l’on est sous la contrainte d’une loi civile. Le Catéchisme de l’Église catholique le rappelle (n° 2242) : le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles lorsqu’elles sont contraires aux exigences de l’ordre moral.

Nous en avons un exemple pendant la dernière guerre, lorsqu’il fallait dénoncer et livrer les Juifs. En août 1942, Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, fit lire dans les églises de son diocèse une lettre pastorale rappelant que les Juifs sont des hommes et des femmes, et que tout n’est pas permis contre eux. Beaucoup de chrétiens, laïcs, prêtres et religieux, ont alors ouvert leurs portes pour cacher et sauver des Juifs.

À notre niveau, deux points importants se jouent : laisser la Parole de Dieu et l’Église éclairer notre conscience trop endormie, et résister aux lois, civiles ou plus souvent mondaines, qui voudraient gouverner nos vies.

Une loi divine et ecclésiale nous demande de respecter le Jour du Seigneur et d’honorer Dieu par notre participation à l’Eucharistie dominicale : y pensons-nous lorsque nous sommes en vacances ?

Que l’Esprit-Saint nous éclaire et nous donne la grâce d’y obéir joyeusement.

Père Roger