♫ « Un adieu, ce n’est pas un adieu … » ♫
Peut-être certains d’entre vous auront-ils reconnu immédiatement le début d’une chanson des Compagnons de la chanson. Certes, la référence n’est pas toute récente, mais que voulez-vous, sans être de la génération de Tino Rossi, je ne suis pas non plus de celle d’Aya Nakamura.
Durant ces deux ans vous avez sans doute remarqué que ma mémoire est pleine de références musicales de toutes sortes, de Renaud au Grégorien, de Pergolèse à Aldebert, en passant par Bach, Didier Rimaud, le Grand Jojo, Jacques Brel, U2 ou le père Duval, pour n’en citer que quelques-uns. Ce juke-box intérieur est une ressource me permettant souvent d’exprimer ce qui me tient à cœur, mais aussi ce qui me tient le cœur.
Dans l’urgence de la rédaction de cet édito, j’ai pris conscience que, sans trop y prêter attention, je fredonnais et sifflotais beaucoup cette chanson ces derniers jours. Pour ceux d’entre vous qui ne possèderaient pas l’intégrale des enregistrements des Compagnons de la Chanson, il s’agit d’une jolie chanson, un peu mélancolique, tentant d’adoucir la tristesse qu’engendre tout départ.
Et je vous l’avoue, un peu de tristesse y est présent. Certes, je savais que je ne serais ici que 2 ans, et je me préparais à ce moment, mais tout départ, même prévu, possède sa dimension d’arrachement, et, conséquemment, sa part de tristesse.
Dans ces moments-là, je me rappelle un sage propos de ma maman : un départ sans tristesse serait, paradoxalement, beaucoup plus triste, puisque significatif d’une absence de belles rencontres et de beaux moments de vie partagés !
Quoi qu’en chantent les Compagnons de la Chanson, il s’agit bien pour moi de vivre une forme d’adieu, mais la tristesse qui l’accompagne est sans amertume. Je dirais même plus – comme le dit un célèbre compatriote – c’est bien un adieu, car, c’est en effet « à Dieu », que je veux dire merci pour ces deux belles années vécues avec vous.
Merci de cette belle fraternité vécue, recherchée, et offerte
Merci pour les moments forts : Triduums pascals, temps d’Aumônerie (dont les 2 Frat’), Pèlerinage du 8 mai à Notre Dame, Echappée belle, Marche des hommes, Journée des Petits Groupes …
Merci pour la vie chrétienne ordinaire : messes du dimanche et de semaine, messe dans les Ehpad, temps de confession, lecture de l’encyclique Dilexit nos, rencontres avec les uns et les autres, échanges en sortie de messe ou à l’Intermarché, … tous ces lieux plus ordinaires où Dieu ne cesse d’être présent en filigrane.
Merci pour la générosité de vos engagements au service des plus pauvres et de ceux qui souffrent, de l’entretien de nos lieux de cultes et de nos locaux, de la catéchèse et de la transmission de la Foi, de tous ceux qui viennent aux permanences d’accueil, de la liturgie (animatrices et animateurs, choristes, musiciennes et musiciens, fleuristes, sacristies, …), de l’administration paroissiale (secrétariat, registres, comptabilité, finances, …).
Merci au Bon Dieu (et vous savez mon attachement à cette manière de parler de lui), et, bien sûr merci à chacune et chacun d’entre vous.
Pour clore cet édito, je repasse par la musique. Dans le dernier choral de la cantate 147, Bach dit ceci : « Jésus demeure ma joie. » Il n’exprime pas un souhait, mais décrit un fait : Jésus est sa joie, Jésus la consolation de son cœur.[1] Il l’est aussi pour moi, et il l’est d’autant plus en ce moment que c’est grâce à lui que j’ai eu la chance de vous rencontrer, et de pouvoir marcher ensemble, avec vous, vers lui.
Et voilà ce que je vous souhaite : qu’il demeure aussi le fondement de votre joie ! Ainsi, elle ne disparaîtra jamais.
Père François
[1] Le traduire comme un souhait « Jésus, que ma joie demeure » est certes très pieux, mais c’est faux : « Jesus bleibet meine Freude. » est une phrase à l’indicatif présent.
